A+   A-

 

Démarche

 

Partager nos méthodologies, c’est partager le pouvoir.

 

C’est pouvoir transmettre à ceux qui sont en face, ceux avec qui nous œuvrons, les connaissances, les démarches, les outils qu’ils peuvent utiliser pour leurs propres démarches et initiatives, voire construire une forme de contre-pouvoir…

 

C’est expliquer, montrer que nos « connaissances » reposent sur nos expériences personnelles et celles qui nous ont été transmises (Patrick Geddes, Christopher Alexander, Louis I. Kahn).

 

Que ces connaissances et ces méthodologies peuvent être comme des « machines à penser » (Patrick Geddes) auxquelles chacun doit avoir accès.

Pédagogie

 

On ne peut plus bricoler…

 

Tout est à revoir…

 

Pourquoi infantilise-t-on, non seulement les enfants, les lycéens, les universitaires mais en général toute la société ?

 

Nous passons tous des années dans des lieux d’enseignement, en vase clos, suivant un apprentissage totalement détaché de la vie, de l’expérimentation, de la découverte des choses et de «soi»...

 

Les enseignants sont pris dans des carcans imposés ou qu’ils s’imposent, et dont ils n’arrivent que rarement à s’extraire…

 

Où sont, dans les écoles d’architecture, les ateliers, les outils, les laboratoires techniques, les chantiers à l’extérieur ?

 

Nous avons la responsabilité de ne pas rester cantonnés dans la « garderie » universitaire, et d’innover, d’aller vers, en établissant des bases éducatives en contact direct avec les habitants…

 

L’enseignement par étapes, par paliers, progressif, n’est pas une forme non modifiable.

 


Proposer, juxtaposer les âges, les origines de formation n’est certainement pas aisé…

 

Mais chaque expérience allant dans ce sens est une des étapes d’un long processus…

Pédagogie engagée

ou « l'université militante » de Patrick Geddes...

 

En Inde, puis en France, je me suis fortement impliqué dans des expériences d’une pédagogie située en interface entre l’université, l’école d’architecture et un terrain spécifique…

 

• Alors codirecteur de l’École d’architecture d’Ahmedabad, durant deux mois avec une quinzaine d’étudiants, dans des villages proches de Junagadh dans le Gujarat, nous avons vécu et avons étudié les modes de vie, les problèmes clefs, l’organisation spatiale des habitations, des îlots et terrains agricoles, des pentes et cheminements de l’eau…

 

• L’antenne pédagogique de Cergy-Pontoise de 1969 à 1974, a été un terrain d’ouverture pour de nombreux étudiants face à une ville en devenir…

 

• Les ateliers publics d’architecture et d’urbanisme à Coupvray et Quincy-Voisins dans les années 1978-1980, installés dans un local de la mairie, ont permis d’alterner un travail sur le terrain et les études dans l’atelier UP8 de l’École d’architecture de Paris-Belleville.

 

• Plus en interface avec les habitants au sein des villages, le concept de « maison-musée vivant », lieu de mémoire, de rencontres, de travaux en cours, d’information et de planification communales…

 

• Á mon retour à Ahmedabad en 2008 et 2009, l’École d’architecture, devenue entre-temps CEPT (Center for Environnment Planning and Technology), a abrité l’atelier Sabarmati River Workshop qui a marqué une étape significative, quoique inachevée, d’un travail pluridisciplinaire sur les 400 kilomètres de la rivière.

 

En conclusion, une exposition interactive en milieu
« non universitaire », soit le marché aux puces le plus populaire de la ville.
Actuellement, ce type de démarche se poursuit avec l’association La Manufacture des paysages, dont le bus itinérant présente des expositions interactives et se rend directement sur les lieux publics, les villages, afin de susciter le débat avec les habitants.